Oh ! Vaï ! Comme disait Roger :’L’eau, elle va toujours à la pente’… Alors, l’eau de la fontaine là-haut, eh, bè ! : elle coule, coule, jusqu’au lavoir…

Qué tracas ce linge ! Une véritable corvée ! 2 à 3 fois par an et il y en a bien pour plusieurs jours à chaque fois !

D’abord, il faut mettre le linge à tremper dans de grands bacs , puis bien lourd, on le dépose dans un cuvier, en bois que l’on sort de la resserre, on recouvre d’un drap sur lequel on répand la cendre et on arrose, on arrose, avec de l’eau froide d’abord que l’on récupère pour la reverser… Après une nuit de repos : fa bouillir l’aïgue !

Parce que, maintenant, on recommence avec de l’eau chaude que l’on verse te reverse, que l’on chauffe et rechauffe … C’est sans fin ! Une nuit de repos encore avant de la sortir du cuvier. O ! Pôvre ! Impossible de laver son linge sale en famille : tout le village s’y colle … Et tout le monde y va de son commentaire : les dessous de celle-là, les draps de celui-ci… Il y a de quoi papoter ! Mais, une fois sorti, il faut le rincer et là… là , on doit le descendre jusqu’au lavoir là-bas, en bas, tout en bas, aux Sences, tout mouillé et bien lourd, sur l’esquine , la brouette ou l’aï, même les enfants y aident.

Mais, en 1864, l’Emile , il a une idée… Pour engraisser son potager, là , juste sous le parking, il lorgne sur la potasse ! La potasse de l’eau de rinçage, à cause des cendres ! Il gamberge : on le voit parler tout seul devant le mur de la Terrasse. Il marmonne. Parle soulé, on l’appelle. Et puis un jour, il va gamberger avec le Maire… Il lui est pas venu l’idée de construire un LAVOIR ! Un lavoir, là, juste sous la place… un lavoir ? Il paye tout … (c’est qu’il aurait des sous, l’Emile ?) et… en échange, il récupère les eaux sales. Un LAVOIR ! Un lavoir contre des eaux sales : le soleil a du lui taper sur le cabeston ! !

2 ans ! 2 ans, pour trouver les pierres, canaliser l’eau. Qué chantier ! tout le monde espinche : il va le faire, pas le faire ? Toutes les femmes espèrent … 2 ans… Enfin, un jour on l’inaugure, en 1866 ! Les femmes y viennent et y reviennent. Qué bonheur de pouvoir laver près de la maison ! La pièce de savon de Marseille reste même planquée sous la poutre, près du pilier pour le petit linge.

Le crapaud aussi y trouve son compte : il s’est auto proclamé Gardien : il l’aime trop son lavoir. Gare ! Gare, quand on s’approche, il aime pas être dérangé : il se gonfle, il crache. Une bonne excuse pour certaines qui lavent pas souvent leurs dessous !

 

Et l’ Emile ,eh bè, l’Emile, il se rembourse de ses sous … : il nous revend ses beaux légumes…

 

                                                                                             Texte de SUSINI/MARIANI  Nadine

Le lavoir du jardinier

©Mariani Nadine

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