A propos du premier éclairage public installé à Rougon en 1915

Antoine, mon ami, avais tu seulement remarqué cette potence sur le mur de la mairie ? Il y en a encore six autres dans le village comme celles-là : mais sais-tu seulement à quoi elles servaient ? Non, ce n’est pas une décoration posée pour embellir le village.

Avant la Grande Guerre, au village, quand le soleil se couchait, il faisait noir comme dans un four si on n’était pas près de la pleine lune : parfois on entendait un homme jurer au retour d’être allé boire un verre au cercle républicain, parce qu’il s’était pris un bon gadin sur une vilaine pierre qu’il n’avait pas vue. Les premières lampes qu’on a installées au printemps 1915 sur ces potences en bronze, on disait qu’elles marchaient à l’acétylène, ce qu’on appelait les lampes à carbure.

Mais le premier allumeur de réverbères rougonnais qui faisait tous les soirs le tour des 20 potences du village, on l’entendait marronner de bon cœur, tellement c’était dur de les mettre en route ces lampes : que je te l’allume et vlan, un coup de mistral, et que je te la rallume et c’est la mèche qui prenait pas; et ça râlait dans les maisons que la moitié des lampes ne marchait pas, qu’on pouvait plus aller tirer de l’eau à la fontaine à la nuit tombée; le pauvre, il était tellement découragé qu’il a fini par donner sa démission au maire. Et bien, tu me croiras si tu veux, eh bien, c’est le maire qui a dû s’atteler à la tâche pour les allumer lui-même ces bons sangs de lampes à acétylène.

Et quand la fée électricité est arrivée à Rougon dans les années cinquante, y’avait plus personne pour les regretter, c’est moi qui te le dis !

 

 

 

                                                                                                                                           Texte de GARCETTE    Jean

L’ÉCLAIRAGE  PUBLIC

©Mariani Nadine

©Mariani Nadine

©Mariani Nadine

©Mariani Nadine

©Mariani Nadine

Ces potences d’éclairage vestiges du 1er éclairage public de Rougon se situent devant l’église et devant la mairie : l’été, il y est souvent accroché une plante fleurie.

Il en reste encore 7 visibles au village sur les 20 qui ont été installées en 1915.

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