Sur le hameau de la Tieye, excentré, existe encore un puits couvert.

Le progrès technique de la seconde moitié du XIXe siècle va permettre de multiplier les adductions d’eau, l’eau courante.

Rougon n’a jamais eu de fontaine au cœur de son village médiéval.

Longtemps, jusqu’en 1960, seule la fontaine située aujourd’hui

à l’entrée du village, a approvisionné les Rougonnais en eau potable.

L’eau ‘allant toujours à la pente’, s’écoule par simple gravité  depuis une source située dans un pré au – dessus du village, certainement captée depuis le Moyen-Age. 

L’eau de cette source est acheminée par une conduite souterraine jusque dans un réservoir couvert protégé par deux portes de bois: le précieux liquide est ainsi à l’abri des souillures et d’une pénurie temporaire.

Les bêtes n’avaient pas accés à cette eau. Une autre petite source alimente un bassin : la gourgette (petite gorge) qui désignait un tronc d’arbre creusé où on déposait pour le bétail, ici certainement ovin, de l’eau ou du sel. Un bassin en pierre sert de retenue, aujourd’hui lieu de reproduction fragile des batraciens :grenouilles, crapauds, tritons et salamandres.

Petite source jamais à sec dont le surplus s’écoule sur le chemin.

Ensuite venait la lessive… Le linge était d’abord décrassé dans des ‘bugadières’ (lessiveuses) où l’on alternait couche de linge sale et couche de cendres puis on y versait de l’eau chaude pour activer l’action de la potasse. Le linge mouillé était alors descendu jusqu’au bassin des Sences, situé tout en contrebas du village pour y être rincé et remonté trempé pour être séché étalé dans les prés alentours des habitations. Le transport de ce linge était pénible pour les femmes et les enfants…

 

Ce n’est qu’en 1866 qu’un lavoir fut construit sous la placette de la Terrasse. Le propriétaire du jardin potager situé en contrebas passa un accord en 1864 avec la municipalité et construisit, à ses frais, ce lavoir. En échange, il utilisait l’eau de rinçage contenant de la potasse comme engrais pour ses légumes. L’alimentation en eau est assurée par le trop plein de la fontaine acheminé par une canalisation souterraine jusque dans un gros réservoir creusé sous la placette.

Le lavoir fut recouvert d’une toiture en zinc.

Ce n’est que lors de sa rénovation qu’on lui donna son aspect actuel.

La Fontaine

La gourgette

Le  Lavoir

 © Textes Mariani Nadine

Le  lavoir  du  jardinier :  petite histoire à suivre