Zone de Texte: Les  Tunnels

CARAJUAN  :  confluent Verdon/Jabron                                              le  Verdon                                                                   le  Jabron

 

En 1870, le projet fut décidé; en 1885, un groupe de géomètres Suisses est délégué.

Les travaux se faisaient en dehors de l’hiver. Les chefs de chantier rejoignaient Guègues, la Maline ou les baraques (au bas d’Encastel)  mais le plus souvent des tentes sur les grèves du Verdon.

Dès 1745, les Etats Généraux de Provence tenus à Lambesc réclament des ‘aides’ à Louis XV afin de rendre navigable le Verdon jusqu’à la Durance pour faciliter le transport du bois jusqu’à Aix, des denrées entre la Haute et la Basse Provence.

En 1785, le projet est de nouveau remis à l’ordre du jour : des radeliers ayant suivi le cours du Verdon assurent sa faisabilité .

L’énergie nouvelle : l’Electricité fit abandonner le projet de rivière navigable utile aux transports et ouvrit les projets de rivière productrice d’énergie. Plus la chute était haute, plus les constructeurs d’usines électriques étaient intéressés. Le Verdon, au lit non navigable et forte pente s’y prête : il ’suffit’ de barrer le couloir Samson (entrée de la gorge en amont très étroite) par un barrage en béton, de creuser des tunnels et un canal pour amener l’eau sur une chute de 200m  et toute une région pouvait être alimentée en électricité.

 Le projet consistait donc à une dérivation du Verdon avec un barrage de retenue à Carajuan haut de 75m, l’eau recouvrirait la vallée du Verdon jusqu’à Castellane et le Jabron jusqu’à Trigance. 

Le chantier des tunnels s’ouvre en 1890 dans le Canyon sans aucune  machine, tout est fait manuellement : pelle, pioche, poudre…

De 1900 à 1910, huit tunnels sont en chantier creusés par les deux bouts. Il y a autant d’équipes que de tunnels; chaque équipe est composée de 20 hommes: mineurs, démineurs, nettoyeurs, finisseurs , surtout des italiens, plus les chefs.  Soit : pour huit tunnels :  16 chantiers et 320 hommes au travail.

 Ces hommes frappaient à la massette ou à la barre à mine dans la pénombre rendue encore plus profonde par la poussière générée.

                                                                     L’éclairage se fait à la bougie, la lampe à pétrole ou à acétylène que chaque ouvrier se procurait à ses frais…

Il y avait les hommes à genoux  qui tenaient le burin et le tournait d’un quart de tour chaque fois que celui qui était debout le frappait avec  une masse de 4 à 6kg.

Des adolescents se faisaient quelques sous en transportant le ravitaillement et les outils du chantier au forgeron ou à finir la base des tunnels.

La finition du plafond des tunnels était réservée aux chefs et à leurs enfants car ils devaient être bien arrondi pour ne pas freiner l’eau , les bords légèrement inclinés et l’axe vertical d’où la présence de chevilles de bois (piges) au dessus des têtes des promeneurs. Les fils à plomb étaient fixés tous les 10m par des trous forés à la pointerolle tenue et tournée à bout de bras.

Les journées étaient de 12h avec des déplacements d’une heure à une heure et demie pour atteindre le chantier sur des sentiers escarpés encombrés de porteurs et de mulets.

© Mariani  N.

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Aussi les 300 ouvriers mangeaient-ils sur place : la soupe, sorte de ragout de patates et de porc ; dormaient dans un buisson enroulés dans une guenille, serrés les uns contre les autres par manque de place, en faisant attention aux wagonnets poussés par les hommes travaillant à dégager les déblais jetés dans le Verdon.

© Mariani  N.

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Cabanes de l’Escalès :

Les travaux n’ont pas  commencé  au défilé Samson qui est pourtant un  accès situé à moins d’une heure de mulet de la route de Rougon ce qui aurait grandement simplifié les transports mais par l’intérieur du canyon…

Le pont du Tusset permet d’accéder au Verdon sans franchir de falaise par le pas de Bïas, un vieux chemin des gouffres qui reliait La Palud à Trigance.

Le stockage de tout le matériel : rails, wagonnets, plaques tournantes, aiguillages se faisaient près des cabanes.

En 1912 : un accident près de Guègues entraine la mort de 4 ouvriers italiens suite à l’utilisation de la dynamite en remplacement de la poudre noire : le chantier s’arrête.

 

Le projet hydroélectrique avec captage du lac d’Allos sera abandonné à cause de la guerre de 1914.

Tunnel du Baou :

670m.

Tunnel de Trescaïre  :

110m.

Photo Isidore Blanc

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